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Notre
société repose sur l’utilisation d’une énergie abondante. Les sources
d’énergies interviennent dans l’industrie, les transports, les bâtiments ou
encore comme matière première par exemple pour la fabrication des plastiques ou
des engrais. Les ménages consacrent 6 à 8 % de leur budget à l’énergie,
mais le coût de l’énergie entre aussi dans le prix des objets ou des services
consommés.
Une source d’énergie en particulier est indispensable dans certains domaines comme les transports, il s’agit du pétrole. Depuis 1986 notre consommation de pétrole est passée de 72 à 90 millions de tonnes de pétrole par an. C’est la quantité nécessaire pour assurer le fonctionnement de notre économie.
Comme ce pétrole est presque entièrement importé, nous sommes contraints de nous intéresser à la production mondiale de pétrole. Dans le monde la production de pétrole (courbe noire) a cru a un rythme de 1,6 % par an. Elle atteint 86 millions de barils par jour (1 tonne = 7 barils) , soit 31 milliards de barils par an (ou 31 giga barils, en abrégé 31 Gb).
La consommation de pétrole accompagne notre croissance économique et celle du monde en général. Depuis 1985, nous consommons plus de pétrole que nous en découvrons. (les découvertes de pétrole sont représentées par les bâtons gris). Et plus nous explorons, moins il restera à découvrir. Les découvertes prévues seront donc de plus en plus faibles. Les journalistes s’extasient sur les découvertes mais malheureusement lorsqu’on découvre un champ géant entre 3 et 30 GB comme ce fut le cas récemment au Brésil, cela ne représente que un mois à un an de consommation mondiale. Ce qui est sur c’est que nous avons consommé fin 2007 1130 Gb et pour les ingénieurs pétroliers les plus alarmistes, il ne resterait que 1300 Gb, dans ce cas la production commencera bientôt à décliner comme sur le graphe. Pour l’Institut français du pétrole (IFP), il reste entre 1700 et 1900 Gb, la production pourrait se maintenir ou croître légèrement jusqu’en 2028, avant de décroître rapidement. Enfin l’Agence Internationale de l’énergie a fini par avouer que la production n’atteindra pas 120 millions de barils/jour en 2030 comme elle l’avait prévu, mais qu’elle plafonnerait à 100 millions de barils. Ce qui est encore une hypothèse optimiste. Dans tous les cas même si la production ne décline pas, et reste constante, comme la demande est croissante en Asie, nous serons contraints dans les décennies qui viennent à moins consommer. Nous pourrons difficilement interdire à des gens qui consomme 2 barils par an et par habitants de consommer plus lorsque nous en consommons 11. Il ne s’agit pas de partager volontairement puisque nous ne possédons pas ce pétrole et importer ce pétrole nous coûtera de plus en plus cher : par exemple 90 millions de tonnes = 630 millions de barils x 150$ = 95 milliards de dollars ou 63 milliards d’euros qui pèse sur le déficit notre commerce extérieur. Pour combler un tel déficit, il faudrait vendre chaque année une vingtaine d'EPR. ...Ce déficit est de l’ordre du déficit de l’État et comme tous les déficits, il ne pourra pas durer très longtemps.
Comment
la consommation de pétrole pourra diminuer suffisamment ? C’est à dire passer
de 90 millions de tonnes à une vingtaine de millions de tonnes en 2050.
Nous avons déjà eu ce problème dans les années 1970, nous alors avons
exclu le fioul des combustibles des centrales électriques et nous avons
stoppé sa croissance dans le chauffage des bâtiments. Nous n’avons plus
autant de marges de manœuvre : il faudrait supprimer la consommation de fioul
pour le chauffage par l’isolation et éventuellement la substitution par le gaz
ou les pompes à chaleur. Cela nous permettrait d'économiser une quinzaine de
millions de tonnes de pétrole. Ce ne sera pas suffisant pour résoudre tout notre
problème.
Pour le transport, même en d’envisageant un parc de véhicules plus légers et moins gourmands, il sera nécessaire de moins rouler et de covoiturer. Certes, il pourra y avoir des substitutions, mais si on ne les a pas faites avant c’est tout simplement parce qu’elles étaient plus chères, au prix actuelles des batteries le véhicules électriques urbains ne sera rentable qu’à partir de 2,7 € le litre. On pourra aussi se rabattre en partie sur le gaz, mais seulement pour 20 ans car le pic de production du gaz est prévu autour de 2040. Compte tenu de l’épuisement des ressources fossiles et des substitution possible il est donc nécessaire d’économiser toutes les énergies. Il ne s’agit pas de faire un petit geste mais d’arriver à une diminution de l’ordre de 75 % en 2050.
Le
principal facteur qui fait baisser la consommation d'énergie est l’augmentation
de son prix. Les augmentations actuelles sont probablement artificielles,
mais si rien n’est fait par la simple loi du marché, des augmentations de prix
importantes auront lieu dans la prochaine décennie.
Les prix ont comme premier effet de réduire la demande, par exemple Air France
en ce moment propose moins de vols longs courrier. Sinon, Le principal
intérêt d’une augmentation de prix est de déclencher l’investissement dans les
économies d’énergies. Ce que l’on nomme les économies d’énergies est d’abord
un surcoût qui résulte d’un investissement et pour que cet investissement
devienne rentable, il faut que les prix se maintiennent à un niveau
suffisamment élevé. Le contre choc pétrolier du milieu des années 80 a eu un
effet dévastateur dans ce domaine. L’investissement initial est la clé des
économies d’énergies, une habitation dure une centaine d’année, un
véhicule une quinzaine. Prenons l’exemple d un véhicule qui consomme trop
et si le prix du carburant monte, que se passe-t-il ? L’utilisateur veut
revendre son véhicule, mais le prix du véhicule est dévalué car son coût d’usage
a augmenté, le véhicule sera revendu moins cher et mais il continuera à
consommer beaucoup...On peut à la rigueur transformer le parc de véhicule en une
dizaine d’année, mais il sera beaucoup plus long de s’attaquer aux 30
millions de logements. Une proposition visant à rénover les 400 000
logements construits avant 1975, lors de leur changement propriétaire est dans
les cartons des ministères.
Une dernière conséquence des augmentations de prix est de favoriser le progrès technique. Malheureusement, les journalistes et les économistes attendent souvent trop du progrès technique, celui-ci n’est pas infini, il est limité par les lois de la physique, lois qu’il est difficile de violer lorsqu’on le souhaite. Une autre limitation du progrès technique est ce qu’on appelle l’effet rebond : moins un appareil consomme, plus on a tendance à l’utiliser, ce qui a tendance à annuler les gains espérés.
La question principale est donc de savoir quel sera le nouveau prix qui permettra d’adapter l’offre à la demande dans la prochaine décennie. Patrick Artus qui est un grand économiste, avait évoqué il y a deux ans, 400 $ le baril vers 2015, des ingénieurs pétroliers misent sur 250 $ , si on extrapole la différence de consommation entre les américains et les européens obtenue par l'effet prix, ont pensent qu’il faudrait que le litre de carburant soit de l’ordre de 3 à 4 € pour que la consommation soit divisée par quatre. Ces prix semblent élevés, mais ils ne nous ramènent pas à l’Âge de pierre. Mais ils changeront sensiblement notre manière de vivre. Ne pas les anticiper, nous conduira à des crises, comme on le voit aujourd’hui. Chez nous les pécheurs et les routiers ne sont pas contents, mais plus au Sud, il y a aussi des émeutes. Et lorsqu’on est un continent vieillissant avec un budget militaire en baisse, il difficile d’être entouré par beaucoup de pays qui ne sont pas contents.
Dans le domaine de l’énergie, beaucoup de décisions sont du ressort de l’État, malheureusement l’État entre de quinquennat a aussi du mal à raisonner à long terme. Et les députés ne sont que nos représentants, qui sont eux aussi sont informés par le discours anesthésiant de nos médias. Heureusement la nouvelle équipe municipale adopte une attitude plus responsable, elle a commencé un travail d’audit qui permettra d’avoir un état des lieux global, un écueil serait de faire un petit geste visible d'un côté (par exemple un panneau photovoltaïque) pour consommer plus de l'autre. Les investissements seront évalués et décidés en fonction de leur efficacité sur le long terme. Néanmoins tout ne relève pas de la municipalité, elle ne pourra pas remplacer l’État et les citoyens, qui devront prendre leurs responsabilités.